Test: The Legend of Zelda Skyward Sword HD: une virée au septième ciel ?

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Bonjour;

Il est l’un des rares jeux à être arrivé en Europe quelques jours avant les Etats-Unis et le Japon. Présenté comme l’opus qui devait nous expliquer les origines de la mythologie de The Legend of Zelda, les fans de la licence ont pu découvrir comment tout a commencé.

Sorti en 2011 sur Nintendo Wii, The Legend of Zelda : Skyward Sword avait reçu un accueil en demi-teinte pour un jeu frappé du blason d’Hyrule. Il aura fallu attendre dix ans et la sortie d’un remaster HD sur Nintendo Switch pour que le premier volet chronologique de la saga acquiert ses lettres de noblesse. En trois mois, Skyward Sword HD s’est autant vendu que l’original sur toute sa carrière. Par ailleurs, nous faisons partis de ces joueurs ayant acheté le remaster HD sans avoir joué au jeu original (faute d’avoir eu la console à l’époque). Notre test ne pourra donc pas se baser sur une comparaison entre les deux versions.

Nous commençons avec une cinématique qui nous explique, dans les grandes lignes, comment les humains ont été sauvés d’une grande guerre par la déesse Hylia. Notre aventure débute bien après ce récit devenu une légende pour bon nombre d’habitants de Célesbourg. Aïe ! Vendu comme le jeu au début de tout, voilà que Skyward Sword nous annonce d’emblée que nous arrivons après la bataille… Dommage.

« Mais qu’est-ce que Célesbourg ? » me demanderont les quelques non-initiés à la mythologie hylienne. Pour faire simple, tout est dans le nom : il s’agit d’un village flottant dans les cieux. C’est dans cette bourgade que vous incarnez Link, un apprenti chevalier ayant quelques affinités avec la fille du « chef » du village : Zelda. Ici, on se déplace d’île en île en célestrier, de grands oiseaux qui servent de montures aux habitants. C’est au cours d’une chevauchée sur ces animaux majestueux que tout bascule : Zelda disparaît sous la mer de nuages qui était jusqu’à présent les limites connues de votre monde.

Link survolant Célesbourg.

Un jeu, plusieurs univers

Dès à présent, vous devrez retrouver Zelda et le jeu se séparera en deux univers distincts : la partie terrestre et la partie céleste séparées entre elles par cette impénétrable mer de nuage que seul le pouvoir du scénario pourra vous faire traverser. La mystérieuse et légendaire « Terre » est divisée en trois mondes situés sous la mer de nuages. Ils seront accessibles depuis un point de passage unique à chacun. Chaque monde apporte son histoire et ses spécificités. Très centrées sur l’exploration, ces terres inconnues nous donnent une grande liberté dans des zones assez vastes. Cependant, elles n’en oublient pas les donjons ! Les personnes déçues par la multitude de petits donjons de Breath of the Wild pourront apprécier les quelques donjons plus traditionnels et bien plus grands de Skyward Sword. Les ennemis sont variés et les énigmes nombreuses et plaisantes. Parcourir le plancher des vaches… avant même l’arrivée des vaches, s’avère agréable et plein de surprises.

Si la Terre proposera trois mondes hermétiques entre eux, la partie céleste sera d’un seul tenant… ou presque. Votre célestrier vous sera indispensable pour accéder aux différentes îles flottantes qui composent cet univers. De longues chevauchées vous attendent mais cela deviendra vite ennuyeux tant les allés et retours seront fréquents et pas nécessairement d’une grande utilité. En effet, les cieux de Skyward Sword nous ont semblé bien vides. Vous croiserez beaucoup d’îlots sans réel intérêt entre deux voyages pour des quêtes annexes rapidement redondantes. Un grand dôme nuageux vous restera inaccessible pendant un temps. S’il est utile à l’histoire, il n’apporte guère de nouveautés par rapport au reste de la carte.

Célesbourg fera office de zone de repos où vous pourrez acheter des potions et des équipements bien utiles. Ce sera aussi le lieu de départ de bon nombre de quêtes secondaires plus ou moins intéressantes et mettant en avant le cycle de jour et de nuit. Il vous suffira d’un lit pour choisir de dormir jusqu’au lendemain matin où jusqu’à la nuit tombée. Ne pouvant pas utiliser de célestrier la nuit, vous serez donc limité à Célesbourg et vous découvrirez le village sous un nouveau jour… la nuit. Les rues ne sont pas si sûres… Si le scénario se dévoile au fur et à mesure de votre périple, votre principale source d’information sera l’école de chevalerie où l’on vous enseignera l’art du combat et les connaissances nécessaires pour réaliser l’importance de votre quête.

Un ciel bien vide…

Côté scénario, l’histoire est assez classique et sans grande surprise mais elle est bien menée. Les personnages sont intéressants et même attachants pour certains. Nous pouvons voir une réelle évolution dans le développement des personnages les plus importants. Notons que la suite de The Legend of Zelda : Breath of the Wild semble liée à la vision que nous raconte de Skyward Sword, cela rend donc l’histoire plus intrigante. Malheureusement, cela ne suffit pas à cacher une certaine redondance. Il vous faudra revenir plusieurs fois dans les différents mondes qui tenteront de se renouveler avec quelques ajouts et changements. Ceci dit, nous profitons d’enjeux assez intéressants pour nous faire accepter assez facilement cette répétition des choses.

Si nous mettons de côté le fait qu’il ne s’agisse pas vraiment du début de la mythologie et qu’un préquel est encore envisageable ; l’histoire met du temps à se mettre en place. Les premières heures de jeux semblent assez anecdotiques tant le côté épique est lointain. En effet, avant de partir à la poursuite de la disparue, il vous faudra en apprendre davantage sur les origines de Célesbourg et vous montrer digne de la tâche sacrée qui vous attend. C’est une sorte de gigantesque contextualisation couplée à un tutoriel pour comprendre les enjeux de l’intrigue et maîtriser le gameplay.

Un gameplay hérité de la Wii

Puisqu’il est question de gameplay, abordons directement ce point qui est en grande partie responsable de l’insuccès du jeu lors de sa sortie originale. En effet, toutes les commandes sont basées sur le motion gaming offert par la Wii. Si cela n’était pas catastrophique à l’époque, les mésaventures rencontrées par les joueurs avec cette technologie sur Twilight Princess en ont refroidi plus d’un. Heureusement, la précision des Joycons, bien plus aboutis que la Wiimote, permet de profiter pleinement de ce mode de jeu très particulier. Les coups d’épée et les parades s’enchaînent naturellement tout en nous immergeant davantage dans la peau de Link. Il sera souvent nécessaire de recentrer le curseur en appuyant sur Y mais cela n’est pas dérangeant. Pour les possesseurs de Nintendo Switch Lite et pour toutes les situations où les grands mouvements d’escrime ne sont pas possibles, Nintendo a ajouté des contrôles plus classiques via les boutons et les joysticks. Seuls les mouvements gyroscopiques, comme la visée au tir à l’arc par exemple, restent.

Link devient droitier le temps d’un jeu.

Pour conserver la variété de coups possibles avec votre épée, Nintendo a choisi d’attribuer le joystick droit au mouvement de votre arme. La direction dans laquelle vous le déplacerez correspondra à un coup équivalent dans le jeu. Pour le coup d’estoc, il vous faudra appuyer dessus. Link tenant donc son épée dans la main droite pour l’occasion, c’est le joystick gauche qui servira au bouclier. En appuyant dessus, vous pourrez faire une parade. Mais autant le dire tout de suite, cette idée, qui semble géniale sur le papier, n’est absolument pas intuitive. Comme dans tout les Zelda 3D, il vous sera nécessaire de tourner la caméra pour explorer au mieux les alentours. Pour se faire, il vous faudra appuyer sur le bouton L et utiliser le joystick droit quand la majorité des jeux 3D utilise seulement le joystick droit. Nous avons fréquemment dégainé notre épée en voulant simplement changer d’angle de vue. Ajoutez à cela un focus sur les ennemis qui fixe le vide par moment et vous obtenez un gameplay loin des standards auxquels Nintendo nous a habitué.

Un mouvement de joystick, un mouvement d’épée.

Nous pourrions parler de la latence entre les commandes et les actions dans le jeu, que ce soit en motion gaming ou avec les boutons, mais le tout semble avoir été prévu avec des ennemis baissant leurs gardes assez longtemps pour nous permettre d’attaquer correctement. Il n’y a donc pas de réel problèmes de ce côté là. Ce nouveau système de commandes via les joysticks est la principale nouveauté et l’une des rares apportées par ce remaster. La téléportation au sein d’un même territoire sans repasser obligatoirement par le ciel est disponible via un amiibo. Ce confort de jeu supplémentaire est non négligeable mais cet amiibo étant vendu séparément aux environ de 23,99€, nous ne le compterons pas comme une partie intégrante du remaster.

Les origines de Breath of the Wild

En dehors des commandes très spécifiques, The Legend of Zelda : Skyward Sword nous a surtout surpris sur sa proximité philosophique avec Breath of the Wild. Vous possédez une jauge d’endurance quand vous effectuez certaines actions et quand vous courez. Une idée réappliquée et approfondies dans jeu phénomène sorti en 2017 sur Nintendo Switch et Wii U. Si l’amélioration de l’équipement est quelque chose de commun dans la licence Zelda, la notion d’usure et de casse n’est pas si répandue. Pourtant, tout les objets de Skyward Sword, hormis les objets spéciaux et votre épée, ont une durée de vie limitée face aux chocs et à l’usure. Le parachâle, objet spécial inhérent à la verticalité de l’univers, n’est pas sans rappeler la paravoile utilisée par le dernier Link de la chronologie. Des détails assez amusants qui devraient se multiplier dans le prochain jeu de la licence qui utilisera lui aussi cette idée de verticalité.

Pour vaincre un ennemi, il ne suffit pas d’agiter son épée dans tout les sens, c’est aussi une question d’observation.

En cas de soucis, vous pourrez toujours demander de l’aide à Fay qui pourra recontextualiser l’action ou vous donner des indices pouvant vous aider dans vos quêtes. Cette version de Fay « à la demande » semble bien plus adaptée aux joueurs que la version originale qui étalait son savoir sans nous demander notre accord.

Une beauté… passée

Le jeu affiche une belle fluidité avec 60 images par seconde de façon constante. Malgré tout, ce remaster ne brille pas par son esthétique. Si la direction artistique, oscillant entre 3D brillante et effet aquarelle, est très agréable, le poids des années se fait cruellement sentir. Certes, le jeu est lissé en haute définition et améliore certains ombrages, mais des polygones en HD restent des polygones. Chaque objet arbore des arrêtes rectilignes et des formes très cubiques. Etonnement, c’est sur les personnages que cette esthétique datée se ressent le moins. Les textures sont correctes tant que l’on reste à bonne distance. De près, elles se révèlent peu flatteuses et nous renvoient à la console d’origine de Skyward Sword : la Wii.

Si l’effet aquarelle fait parfaitement illusion pour les nuages, les célestriers semblent bien cubiques.

Si la difficulté est assez faible, elle est bien étagée jusqu’au boss final. Nous vous conseillons malgré tout d’être un minimum préparé avant le grand combat. Comptez au minimum 30 heures pour finir le jeu sans se presser, bien plus si vous voulez pousser jusqu’au 100 %. Une durée de vie respectable même si la rejouabilité semble limitée.

Une question de prix

Au final, The Legend of Zelda : Skyward Sword est un bon jeu qui mérite que l’on s’y intéresse et qui apporte un vrai plus à la licence. Mais The Legend of Zelda : Skyward Sword HD est un simple portage sans grande nouveauté, ce qui nous semble fainéant et aberrant face au prix demandé par Nintendo. Vendu officiellement à un prix maximum conseillé de 59,99€, vous pourrez facilement vous procurez un exemplaire pour 45€ environ. Cela reste malgré tout élevé quand on sait que le jeu original s’échange contre 19,99€ sur Nintendo Wii U.

Un prix élevé auquel il faut ajouter le prix de l’amiibo de Zelda et son célestrier pour profiter de toutes les nouveautés!

Points forts : gameplay atypique qui tire habillement partie des Joycons, aspect épique, musiques, donjons intéressants, zones à explorer denses et variées…

Points faibles : … sauf pour la zone céleste, commandes peu intuitives en mode portable, prix, visuellement daté.

Nous attribuons donc la note de 15/20 à The Legend of Zelda : Skyward Sword pour ses vastes zones d’exploration et son gameplay atypique. Dommage, cependant, que cela n’est pas été mieux adapté au mode portable de la Nintendo Switch et que ce portage ne masque pas les 10 bougies que le jeu a soufflé cette année. Si vous n’avez pas joué à la version originale sur Wii, nous vous conseillons vivement de plonger dans cet opus ! Mais si vous connaissez déjà les aventures du Link originel, passez votre chemin. A défaut d’avoir eu droit à une virée au septième ciel, nous avons eu une bonne dose d’aventure avec un Link entraîné dans la boucle du destin qui lie tout les jeux de la licence.

The Legend of Zelda : Skyward Sword HD: déjà disponible.

Consoles: Nintendo Switch et Nintendo Switch Lite.

C’est avec ce test que nous vous souhaitons de bonne fête de fin d’année et nos meilleurs vœux pour l’année à venir !

La3ds