Test: Super Mario 3D World + Bowsers Fury: un rugissement de lion!

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Bonjour;

  La Nintendo Switch et les portages… une grande histoire d’amour! A défaut d’avoir bien vendu sa Nintendo Wii U, Big N décide de porter une grande partie de son catalogue sur Nintendo Switch. C’est que la firme aurait tord de se priver: les succès des jeux first-party qui ont conquis les joueurs entre 2012 et 2017 est indéniable sur la console hybride. Ainsi, le grand succès de la Nintendo Wii U, nommé Mario Kart 8, a dépassé allégrement les 29 millions de ventes dans sa version Deluxe sur Nintendo Switch; soit plus de deux fois le nombre d’exemplaires vendus initialement. New Super Mario bros. U Deluxe a trouvé 8,32 millions de preneurs malgré une recette vue et revue. Derrière son échec commercial cuisant, la Wii U est aujourd’hui une machine à cash grâce à de très bons jeux qu’il suffit simplement d’adapter à la console à succès qu’est la Switch. Il était donc logique que le meilleur jeu de la console mal-aimée profite aussi d’un passage sous le feu des projecteurs via un portage. Mais cette fois-ci, Nintendo ne s’est pas simplement contentée de nous proposer une vulgaire émulation comme cela a été le cas pour Super Mario 3D: All Stars…

  Après plusieurs portages que nous pourrions qualifier de paresseux, Nintendo revoie sa copie avec Super Mario 3D World. En plus de quelques ajouts et rééquilibrages bienvenus, la cartouche se dote d’un contenu inédit et indépendant du jeu nommé « Bowser’s Fury » . N’ayant pas fait de test de la version Wii U de Super Mario 3D World, nous vous proposons donc un test complet de ce jeu dans cet article.

  Super Mario 3D World est un jeu de plates-formes 3D dans lequel notre plombier favori va devoir sauver des princesses féériques venues d’un autre monde et capturées par le vilain de toujours: Bowser. Au cours de votre aventure, il vous sera possible d’incarner Mario, Luigi, la princesse Peach et Toad. Une autre alliée se joindra à vous dans un second temps. Chaque personnage possède ses propres caractéristiques de gameplay. Quand Mario est le personnage par défaut et donc le plus équilibré, Luigi saute plus haut et glisse un peu avant de freiner. De son côté, la princesse Peach peut flotter quelques instants dans les airs et Toad court plus vite. Aux premiers abords insignifiants, ces différences pourront s’avérer utiles sur des niveaux spécifiques. Notons que la rapidité des déplacements a été revue à la hausse sur Nintendo Switch. Les niveaux paraissent donc plus fluides et peuvent être terminés beaucoup plus rapidement.

  Pouvoir jouer 4 personnages différents offre aussi la possibilité de jouer en coopération jusqu’à 4 joueurs. En mode local, le système est plutôt bien géré, il faudra faire preuve d’un esprit d’équipe car l’écran ne se sépare pas et suivra le joueur le plus actif. Votre jauge de vie est partagée mais le jeu vous incitera à un peu de compétition en comparant votre score à la fin de chaque niveau et en proposant au meilleur de porter une petite couronne en signe de supériorité. La version Switch apporte la possibilité de jouer en ligne avec vos amis. Une nouveauté appréciable en cette période peu favorable aux rassemblements. Le multi-joueurs change aussi la façon d’appréhender les niveaux. Votre coopération pourra faciliter l’accès à certains objets tout en apportant une bonne dose de convivialité à vos parties.

Le multi-joueurs: une dose de fun supplémentaire!

  La direction artistique et le level design sont très agréables et apportent un vent de fraicheur tout en respectant l’univers de Super Mario. Les niveaux regorgent de cachettes bien pensées. Les obstacles et les sauts sont calibrés au poil, comme sait si bien le faire Nintendo. Les thèmes graphiques sont variés et cohérents. Les musiques qui accompagnent chaque monde sont des petits bijoux, en particulier celle du monde 8 qui raisonne encore dans nos têtes. Nous noterons quelques changements mineurs entre la version Wii U et Switch. Les plateformes qui réagissaient au souffle du joueur dans la micro du Wii U Gamepad n’ont pu être reconduite sur une console ne possédant pas de microphone. Elles ont donc été remplacées par des blocs tactiles déjà présents sur certains niveaux. En mode portable, il suffira de les toucher du doigt pour déclencher leurs actions. En ce qui concerne le mode salon, il faudra se contenter d’un curseur dirigé par le mouvement de la manette à la façon d’une Wiimote.

  De vent de fraicheur, il en est aussi question pour une grande partie du jeu et c’est cela qui le rend si agréable. Les monstres historiques côtoient de petits nouveaux aux réactions amusantes et aux spécificités bien trouvées. Nous apprécions particulièrement le Blockstepper au comportement complexe et le style du Globuloboss s’accordant parfaitement avec les niveaux dans lesquels il apparait. Les objets de transformation s’enrichissent de la Super Clochette qui habille Mario et ses amis d’un costume de chat permettant de grimper aux murs et d’attaquer à coup de griffes et de la Clochette Maneki-Neko qui offre les mêmes pouvoirs en ajoutant celui de vous faire gagner des pièces en faisant une attaque chargée vers le sol. Cette dernière fonction est diablement addictive. Vous pouvez aussi faire appel aux Doubles Cerises qui vous dédoublent. Attention, chaque clone issu de la transformation des Doubles Cerises est fragile: au moindre dégât, il disparait. Ces trois nouveaux items sont accompagnés des traditionnels Champignon, Méga-Champignon, Super Etoile, Super Feuille, Feuille d’Invincibilité, Fleur de Feu et Fleur Boomerang. Si cela ne vous suffit pas, Mario et ses amis peuvent se doter de divers objets utilisables dans des niveaux précis. Cela va du simple masque Goomba pour passer inaperçu à la Boite à Canon pour faire feu sur les ennemis et les obstacles!

Mario sous l’effet des Doubles Cerises face aux Blockstepper.

  Le tout est très beau en mode portable mais quelques pixels se font voir en mode salon. Pourtant là où la Wii U se limitait à de la HD (720p) sur le téléviseur, la Switch peut atteindre la Full HD (1080p) sans problème. Cette amélioration graphique s’accompagne d’un lissage qui supprime l’effet de flou que l’on pouvait avoir sur la version Wii U et qui cachait les quelques pixels inconvenants. Rien de bien méchant et si vous n’y prêtez pas attention, il est fort probable que vous ne le verrez pas, mais nous l’avons tout de même remarqué en nous approchant légèrement de notre télévision. Vous pourrez profiter du mode photo hérité de Super Mario Odyssey pour immortaliser vos meilleurs moments. Si la version Switch est plus fluide, plus jolie et plus dynamique que la version Wii U, il y a bien un point où le Gamepad nous manque: la position du joystick droit en mode portable. Tout comme sur Splatoon 1 et 2, le joystick droit permet de changer l’angle de vue de la caméra. Si cela ne posait aucun problème sur Wii U avec des boutons positionnés sur la droite en diagonale du joystick; le ressenti n’est pas tout à fait le même en mode portable sur Switch avec des boutons parfaitement alignés. En effet, il nous est souvent arrivé de bouger l’angle de caméra en voulant appuyer sur les bouton B ou Y… tout comme il nous est souvent arrivé de déclencher notre arme spéciale de façon involontaire dans Splatoon 2 ou de se retourner sans le vouloir. Si dans les premiers niveaux, ce problème n’est pas particulièrement handicapant, il devient assez vite irritant sur des niveaux plus exigeants.

  En parlant de niveaux exigeants, la difficulté du jeu est bien étagée. Les joueurs novices pourront arriver jusqu’au boss final sans trop de soucis. Pour ceux qui veulent un peu plus de challenge, Nintendo a pensé à vous avec un contenu post-scénario impressionnant. En plus des 8 mondes habituels, il existe 4 mondes bonus proposant des niveaux inédits ou des niveaux modifiés pour offrir des défis plus corsés. Pour les plus courageux, il vous faudra finir le jeu à 100% et donc collecter toutes les étoiles vertes, tout les tampons ainsi que finir au sommet de tout les drapeaux pour accéder au dernier monde bonus qui propose trois niveaux particulièrement corsés pour un Super Mario. Non pas que la difficulté brute soit si élevée que ça -bien qu’un minimum d’expérience soit requise- mais cette exigence s’ajoutera à la longueur des niveaux qui ne possèdent aucun check-point. Vos nerfs seront mis à rude épreuve mais si vous arrivez jusque là, c’est que vous vous êtes armé d’assez de patience pour finir le reste du jeu. Comptez 10 heures pour finir le scénario du jeu tranquillement et entre 20 et 25h pour faire les trois premiers mondes bonus. Pour finir le jeu à 100% (sans refaire chaque niveau avec chaque personnage), comptez aux environs de 30h. C’est une durée de vie plus que respectable pour un jeu de plates-formes à laquelle s’ajoute une re-jouabilité intéressante. Une durée de vie qui se prolonge de 3 à 5 heures sur la version Switch grâce au deuxième jeu intégré: le mode Bowser’s Fury.

Atteindre le sommet du drapeau est plus important qu’il n’y parait.

Bowser’s Fury: bien plus qu’un simple « mode » .

  C’est LA grosse nouveauté de ce portage, un mode à part dans lequel Mario va devoir venir en aide à Bowser Jr. pour sauver son père d’une folie destructrice. Nous voici donc plongé dans un véritable monde ouvert composé de plusieurs petites îles sur lesquels trônent fièrement des phares. La contrée qui nous entoure est recouverte d’une substance noire et visqueuse qui semble fournir à Bowser une formidable puissance qu’il ne contrôle pas. Face à cette obscure matière qui recouvre les phares, Mario devra rétablir la lumière en récoltant des astres félins. Ces astres rallumeront les édifices et vous permettront d’accéder au combat final. Ils offriront aussi la possibilité de mettre fin à la furie de Bowser qui interviendra de temps en temps comme la lune de sang dans The Legend of Zelda: Breath of the Wild. Tant que vous n’aurez pas récolté assez d’astres félins, vous ne pourrez pas combattre Bowser. Ce dernier sera donc invincible et il faudra composer avec ses accès de colère dévastateurs qui influencent la météo mais aussi les chats qui peuplent les différents îles.

  A mi-chemin entre Super Mario Odyssey et Super Mario 3D World, le mode Bowser’s Fury offre une esthétique très agréable avec une direction artistique soignée. Même les animaux les plus insignifiants dans le jeu bénéficient d’un traitement typique autour du thème du chat. Comme dans tout monde ouvert qui se respecte, il existe plusieurs façons d’obtenir un même astre  félin. Ici, la caméra est totalement libre et les plages de la première partie du jeu nous rappellent étrangement Super Mario Sunshine. Un clin d’œil qui se poursuit jusque dans le gameplay puisque Bowser Jr. pourra vous venir en aide si vous le souhaitez en vous débarrassant de certains ennemis en surnombre ou en vous indiquant l’emplacement de certains blocs, mais aussi et surtout en passant un coup de pinceau sur des graffitis qui cachent des objets bien utiles. L’aide de Bowser Jr. n’est pas toujours la bienvenue, c’est pourquoi il est possible de modifier son niveau d’assistance dans les paramètres.

  Beaucoup de personnes ont relevé une baisse de la fréquence d’images par seconde lors des combats contre Bowser. De notre côté, nous n’avons rien noté de particulier lors de ces phases. En revanche, nous avons été surpris par une baisse similaire quand nous percutions plusieurs Coccinellys avec Plessie. Oui, Plessie sera de la partie, il vous permettra de relier les différentes îles du lac Saudechat et sera mis à contribution pour récupérer certains astres félins. Techniquement, le jeu se sent un peu à l’étroit sur Nintendo Switch, si nous ne nous en rendons pas vraiment compte à l’utilisation, les données techniques trahissent les limites de la console hybride. Nous pouvons y lire que le jeu tourne en 720p en mode portable et en mode TV contre du 720p et du 1080p pour Super Mario 3D World dans les mêmes modes. Les nombre d’images par seconde est limité à 30 en mode portable quand Super Mario 3D World tourne autour des 60. Globalement, le jeu reste très fluide et agréable manette en main mais nous ne pouvons nous empêcher d’imaginer que la situation deviendrait critique sur un un monde plus vaste. Nintendo nous a plutôt habitué à des productions d’une fluidité exemplaire même si nous avions déjà constaté un problème semblable sur The Legend of Zelda: Link’s Awakenig. Est-ce là les limites de la Nintendo Switch? Quand bien même, nous aimerions bien voir un véritable jeu reprenant le gameplay du mode Bowser’s Fury comme cela avait été le cas avec les niveaux du Captain Toad qui ont donné suite à un jeu lui aussi porté sur Switch: Captain Toad Treasure Tracker.

Le soucis du détail va jusqu’au design des mouettes.

  Le multi-joueurs se révèle moins intéressant que celui de Super Mario 3D World. En effet, quand l’un des joueurs contrôlera Mario, le second prendra la place de Bowser Jr. et sera donc cantonné au rôle d’assistant. Un multi-joueurs qui rappelle celui de Super Mario Odyssey qui n’était pas non plus très captivant. Etrangement, ce mode Bowser’s Fury nous semble plus fidèle que Super Mario Odyssey à ce que doit être un Super Mario en monde ouvert. Bonne nouvelle, Nintendo n’a pas oublié les Amiibo qui apportent quelques objets de façon généreuse. Par ailleurs, de nouvelles figurines, si populaires chez les fans de marque, ont été lancées en reprenant les traits de Mario Chat et Peach Chat. Devons-nous nous attendre au retour du Show de Mario Chat?

  Quoi qu’il en soit, Bowser’s Fury est un mode très agréable qui permet de justifier l’achat de ce portage aux yeux de ceux qui auraient déjà joué à Super Mario 3D World sur Wii U. Mais dans le fond, Bowser’s Fury ou non, nous aurions quand même craqué pour cette version tant nous avions aimé l’original. C’est un véritable plaisir de se replonger dans cet univers coloré et joyeux. A nos yeux il s’agit de l’un des meilleurs opus de la licence -voire le meilleur jeu de plates-formes Super Mario 3D- et nous vous le conseillons vivement!.

Mario est un sacré cha(t)rmeur!

Points forts: direction artistique et level design, musiques, durée de vie, nouveautés très appréciables, monde ouvert du mode Bowser’s Fury, multi-joueurs en ligne.

Points faibles: commandes moins agréables que sur Wii U en mode portable avec les joycon, caméra trop figée dans Super Mario 3D World.

  Sorti sur une console mal-aimée, Super Mario 3D World n’a jamais pu rencontrer le succès qu’il mérite. Pétris de qualités et sans réels défauts, le jeu fera ronronner de plaisir les adeptes de Super Mario 3D. Même si ce portage justifie à lui seul le passage en caisse pour un prix inférieur à 50€, le mode Bowser’s Fury apporte une véritable évolution de l’univers de Mario et permet à Nintendo de montrer sa bonne foi en proposant un contenu inédit qui nous fait espérer de belles choses pour la suite de la licence. Nous regretterons simplement des joycon moins pratiques que le Wii U Gamepad et une caméra encore trop figée dans 3D World. Nous attribuons donc la note de 18/20 à ce jeu qui fait bien plus que miauler nonchalamment et préfère rugit comme un lion pour rappeler que la Wii U eut droit à de très bons jeux.

Super Mario 3D World + Bowser’s Fury: déjà disponible.

Consoles: Nintendo Switch et Nintendo Switch Lite.

La3ds